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Interview Raimund Reintjes – Netaudio Berlin

Written By: Geoffrey Marchand on February 24, 2010 One Comment

Raimund Reintjes est à la tête de l’organisation du Netaudio Festival de Berlin, dont la dernière édition a eu lieu l’année dernière en Octobre. Un excellent festival pour promouvoir la scène netlabel internationale, dont nous parle avec passion et ambition Raimund.

(soon, english version will be available)


1)   Raimund, comment en est-tu venu à t’occuper du netaudio festival. D’où t’es venu cette passion pour le monde des netlabels?

En 2005 je suis rentré en contact avec deux patrons de netlabel, Don de Pentagonik et Timor de Pulsar Rec., qui cherchaient une salle pour une série d’événements strictement réservés à la musique des netlabels. A l’époque je venais de découvrir quelques mois plus tôt l’existence des netlabels, et j’étais assez tenté d’installer cette philosophie musicale dans le cadre de la salle que je dirige (le RAW Tempel – raw-tempel.de). On a eu de très bons retours sur notre série de concerts, qu’on a appelé “netlag” (net-lag.de). On a eu l’occasion de présenter de la musique électronique (principalement minimale, house et techno) et on a même été invités à organiser des soirées sur Londres ou Grenade. Pour la programmation de nos soirées berlinoises, on a toujours eu recours à un ou deux artistes invités de netlabels de l’Europe entière. On a eu beaucoup de retours, principalement de la scène électronique “netaudio” internationale, sur le manque de soirée netaudio, où que ce soit dans le monde. A ce moment là, les premiers articles sur les soirées Netlag sont parus, avec entre autres une sélection au “Berlin Yearbook” (sorte de guide du meilleur de Berlin), qui nous plaçait dans les meilleures séries d’événements musicaux sur Berlin en 2006/2007.

En 2006, avec l’équipe Netlag et quelques artistes et amis, nous nous sommes rendus à Londres pour le NetAudio Festival. J’adore les festivals! Il y avait déjà eu une sorte de mini-netaudio festival en 2005 en Suisse. Lors de la dernière soirée du festival de Londres, j’ai réalisé que j’adorerais organiser un tel événement à Berlin – et dans ma salle bien-sûr! J’ai parlé de cette idée aux organisateurs du festival, ainsi qu’à mes amis berlinois de Netlag. Tous s’accordèrent pour dire que c’était une bonne idée. Puis j’ai pensé que je devrais établir le NetAudio festival de Berlin dans un contexte européen. C’est à dire d’organiser les festivals en Suisse, Grande-Bretagne et Allemagne dans un même dispositif. Donc mon idée était d’inclure les organisateurs des festivals précédents dans un rôle de conseillers pour ce festival à Berlin, pour bénéficier de leur expérience – mais aussi d’augmenter ainsi le nombre de personnes impliquées, créant ainsi un groupe international et identifié d’organisateurs netaudio. Quand on a fait le festival à Berlin en 2007, on a eu un coup de main important des londoniens, qui sont par ailleurs devenus nos amis ! Et avec l’énergie et les promesses dégagés par ce deuxième événement, nos amis ont annoncé qu’ils rempilaient pour un second festival à Londres. On s’est donc mis d’accord sur le fait qu’on les aiderait pour l’édition 2008, tout comme ils nous avaient aidé pour le festival de 2007 ; mais surtout que l’événement reviendrait à Berlin pour un nouveau festival en 2009… Et la vérité c’est que tout cela s’est réalisé !

2)   Quel est le but principal de ce festival et peux-tu nous en dire encore plus sur cette connexion commune avec Londres?

Et bien j’en ai déjà dit beaucoup à propos de la connexion Berlin-Londres. En marge de ce que j’ai déjà mentionné, nous nous sommes rencontrés à de nombreuses occasions. Nous sommes allés au Fusion Festival ensemble, dans le nord de l’Allemagne, mais aussi au Freerotation Festival, qui est un événement très respectable au Pays de Galle, avec un fort intérêt pour le mouvement netaudio (la moitié de la programmation consiste en artistes netaudio, et est organisée par des amis communs – qui dirigent également le netlabel Mindtours). En 2009 on a organisé ensemble une nuit netaudio au Clud Transmediale, un des plus gros festivals de culture électronique et numérique dans le monde. L’année dernière, après le festival, nous avons rencontré un large groupe de personnes, pour voir si nous pouvions concentrer nos efforts et regrouper nos actions pour des projets communs dans le futur. Il y a eu ensuite la création d’un projet musical collectif commun, appelé TRIoon, où des artistes de Londres, Berlin et Barcelone réalisent des performances audiovisuelles. Et finalement, deux amis londoniens, Sarah et Jon, se sont directement investis dans l’organisation du festival de 2009.

Quel est le but principal de notre festival ? Peut-être qu’en réalité il y a plus d’un but dans cette entreprise. Il y a l’idée générale de soutenir les artistes et labels de la sphère netaudio en leur créant un festival dédié. Et puis il y a la volonté de promouvoir la philosophie des licences creative commons. Enfin le festival doit pouvoir générer, développer et élargir notre réseau parmi les artistes, créateurs, activistes, labels, distributeurs numériques, presse web et classique, etc. Il y aussi mon envie de faire de Berlin un des points d’ancrages de ce réseau. Et puis tout simplement j’adore les festivals et j’aime organiser de tels événements! Faire les choses qu’on aime est un but en soi ! La vie est trop courte pour cumuler les mauvais boulots…

3)   Avez vous rencontrés des difficultés à trouver des partenaires financiers et medias pour cet événement? Justement, comment se positionne un festival netaudio par rapport à un autre festival plus conventionnel ?

Il n’est jamais aisé de trouver de l’argent pour financer ce genre de choses : NetAudio est l’opposé parfait de la musique commerciale. Donc la potentialité d’intéresser les investisseurs est plutôt réduite. Ca prendra du temps et d’énormes efforts dans le futur pour que netaudio devienne riche et célèbre! Si c’était en mon pouvoir, je ferais tout pour que ça se réalise ! Pour les artistes… mais aussi les organisateurs de festival! Je n’approuve pas du tout l’idée selon laquelle publier de la musique en licence creative commons signifie dire au revoir au succès financier. Je ferais toujours tout pour promouvoir l’idée opposée ! Mais pour l’instant on dépend quelque part des financements extérieurs, et aussi longtemps que nous ne représentons pas des garanties de bénéfices pour les sponsors privés, nous avons besoin de l’argent public du gouvernement local, des fonds nationaux ou de ceux de fondations publiques ou privées.

A ce stade Netaudio ne peut pas présenter beaucoup d’artistes qui ont débuté leur carrière par des netalbums gratuits pour devenir des superstars internationales. On manque de grands noms, de “gros poissons”, bien que dans certains domaines musicaux on trouve des success-stories intéressantes. Des projets comme SCSI-9 ou Kollektiv Turmstrasse par exemple peuvent à présent largement vivre de leur musique. Quand le Kollektiv Turmstrasse a joué a Londres en 2006, personne ne les connaissait, à part une petite partie de la communauté netaudio. Maintenant ils doivent limiter leurs apparitions dans les clubs ou les festivals pour préserver un peu de jus. Je peuxavancer qu’ils pourraient faire plus d’un concert (bien payé) par jour s’ils le voulaient. Mais je suis à peu près sûr que personne en France, et en dehors de la scène techno, n’a entendu parler de Kollektiv Turmstrasse. En 2007 c’était vraiment difficile d’atteindre des partenaires médiatiques en dehors de la communauté web, parce que personne n’avait idée de ce qu’étaient le netaudio, les netlabels ou les creative commons. Avant que le monde des médias veuille bien se plonger dans la complexité d’une collection d’idée philosophique, on doit présenter plus que des arguments. Par exemple le logo d’un important fond culturel pour “sécuriser” les médias : une initiative soutenue par le Hauptstadtkulturfond (Fond pour la culture) doit bien valoir une couverture médiatique ! Donc nous avons eu une bonne réponse générale de la part des médias en 2009, à tel point que de grosses sociétés de médias sont venus nous voir, sans aucune démarche préalable de notre part!

4)    Sur un plan artistique, l’édition 2009 restera un succès, nous pouvons nous même en témoigner. D’un point de vue financier, même chose?

Et bien, on a plus dépensé qu’on a gagné. Mais nous avons le sentiment fort que cet argent a contribué à présenter beaucoup de valeur artistique pour ce festival. Mais avec le recul d’après le festival, on aurait mieux fait de revoir certaines choses à la baisse. Par exemple finir les soirées à 6h du matin au lieu de 8h aurait été parfait. On aurait pu ainsi tout organiser de manière extrêmement confortable. Mais à vrai dire c’est loin d’être un problème financier. Personne n’a perdu d’argent dans l’histoire, bien qu’on aie encore besoin d’une petite soirée pour lever des fonds pour nos dernières factures !

5)    Cette année, le netaudio festival se déroulera à Londres. L’équipe de Berlin sera t-elle présente? Si oui, de quelle manière participez vous à l’organisation?

Les dernières infos que j’ai eu à ce sujet me sont parvenues aujourd’hui même : la date du prochain festival londonien pourrait très bien être en Mai 2011 ! Rien n’est certain pour l’instant… Je sais que les londoniens aimeraient avancer la date plus tôt dans l’année, mais ils essayent de trouver un arrangement avec une salle intéressante – et cela implique peut-être de reporter à Mai 2011. Il faudra attendre mars/avril pour en savoir plus. Dans tous les cas on soutiendra les londoniens, si on peut, car il y aura aussi un changement majeur dans les objectifs de leur festival. Mieux vaut patienter et prendre une tasse de thé en attendant !

6)    On voit que des collectifs se montent tout doucement pour soutenir la scène netaudio. Vous en Allemagne mais aussi à Londres, en Pologne, en Espagne, en Russie, au Portugal, depuis peu en France et aux Pays-Bas et à priori bientôt au Maroc. Que penses-tu de toutes cette scène internationale, penses -tu qu’elle pourra collaborer de façon efficace dans l’avenir? Ça dépend de leur capacité à fonctionner individuellement. Le niveau européen n’est pas capable de faire vraiment fonctionner ces structures. Ça peut seulement motiver les activistes de ces organisations nationales à continuer leur efforts de développement. Mais j’aimerais voir les structures nationales fonctionnelles être connectées correctement, avec des interactions de personnes, du partage de connaissance, des actions coopératives et des campagnes communes. Il est intéressant que vous n’ayez pas mentionné l’Italie avec leur réseau “nettare”. J’ai l’impression que les italiens ne réussiront pas tant qu’ils continueront de considérer leur réseau comme une plateforme virtuelle uniquement. Pour l’instant je ne dirais pas qu’il existe un “NetAudio Italie”. Les participants au festival Nettare en 2008 sont tous retournés à leurs activités pour leur propre label. Il est absolument nécessaire qu’il existe une volonté de construire une structure commune, pas seulement virtuelle mais aussi physique. Mais comme les netlabels publient de la musique sans aucune notion de frontières nationales, l’idée (ou l’approche) netaudio ainsi que ses structures nationales bénéficieront d’un réseau commun européen.

Pour que ces structures nationales travaillent ensemble de manière efficace, on a besoin de gens qui organisent les activités communes, avec une grande disponibilité, un maximum de transparence, un niveau élevé de motivation et un bon paquet de fun. Mais encore une fois on revient vite aux questions de comment financer ces activités à l’intérieur de ce cadre, qui n’a pas encore développé de modèle financier durable, et de surcroît pas de quoi financer une meta-structure européenne. Je promets de continuer à réfléchir à des situations, et encore une fois également pour des raisons personnelles. J’aimerais tellement travailler à un niveau professionnel dans de telle structures !

7)   A propos du Portugal, j’imagine que tu as dû être ravi d’apprendre que la ville de Lisbonne avait donné une enveloppe de 50 000 euro à Beat Plays Free pour l’organisation d’un festival netaudio.

Oui! Félicitations ! Quel beau développement ! Et d’ailleurs il est assez drôle de noter que le Conseil Municipal de Lisbonne a eu l’idée de fixer le montant de l’aide allouée via un vote internet ! Un gros avantage pour le NetAudio ! Je viens de parler avec Rute, une des créatrice de l’événement, aujourd’hui. Je sais aussi par Fernando Fonseca qu’il sera de la partie. On attends avec impatience l’ouverture des inscriptions ! On va essayer d’avoir une chance de participer !

8)   Quels sont les futurs projets de l’équipe du Netaudio Berlin ?

Une des choses sur lesquelles nous avons misé dernièrement, c’est de présenter une scène netaudio au Fusion Festival en juin, conjointement avec le NetAudio Londres. Un deuxième projet est un festival à Casablanca en novembre, en coopération avec le NetAudio France et le futur NetAudio Maroc (Inch’allah…). Nous allons aussi participer à la Berlin Music Week, qui aura lieu du 6 au 12 septembre, et qui sera, selon leurs dires, une énorme présentation musicale dans la ville. On sera aussi présent au Popkomm, les deuxièmes plus grandes rencontres musicales du monde, au salon de la musique alternative allemande et au Festival des Clubs. NetAudio Berlin sera impliqué avec un panel musical pour présenter le mouvement netaudio à tous les acteurs du business musical, petits ou grands.

D’autre part, NetAudio Berlin travaille sur un projet de NetAudio “Circus” en 2011/2012, une tournée avec plusieurs événements de tailles différentes proposés dans plusieurs pays européens. Certains d’entre nous sont impliqués plus globalement dans un mouvement qui tente d’ouvrir un centre de la culture libre (logiciels open source, musique libre, médecine ouverte et beaucoup plus…) qui regrouperait agences, associations, particuliers, activistes, organisateurs, gens de réseau, promoteurs, etc. en un même lieu. Il y a un gigantesque ancien complexe aéronaval, construit par ces putains de nazis mais avec une architecture super impressionnante, aux alentours du centre de Berlin. Certains d’entre nous cherchent également à établir un cadre pour un usage commercial de la musique en licence creative commons (je sais que certains idéologistes ont des questions ou des problèmes avec ça). On a encore pas mal d’autres choses en cours, mais comme vous le savez, seulement une partie d’entre elles pourraient se réaliser. On verra bien à quoi on pourra donner vie dans ces prochains 10-15 mois !

9)    Que penses tu de l’évolution parallèle du monde du libre et de l’industrie musicale classique ? Et de l’avenir de la musique en général ?

Bien entendu, le mouvement NetAudio ne balayera pas le régime des royalties ou les sociétés de droits d’auteur. Donc je suggère qu’on travaille sur les possible manières de connecter une philosophie à l’autre. C’est un processus qui devrait être mené en ayant conscience de la valeur et la force du modèle netaudio. Je pense, comme n’importe quel activiste de ce mouvement, qu’il est juste qu’un artiste soit rétribué pour son art. Mais personne ne pensera que le monde est injuste s’il n’arrive pas à en vivre. Ça restera comme avant : 95% des artistes continueront à prendre leurs instruments et jouer ensemble dans les salles arrières des pubs locaux. C’est tout. Pas de sponsors, pas de découvreurs de talents, pas d’Eurovision, pas de stades bourrés à craquer. Au temps de Mozart, seulement une poignée de musiciens étaient capables de vivre de leur musique, tandis que les autres artistes jouaient de leur instrument pour gagner quelques pièces pour avoir un lit pour la nuit, et si la journée avait été bonne, une bière. Le reste était pour le plaisir personnel. On ne verra jamais la situation où une majorité de jeunes artistes talentueux auront la chance de vivre de leur musique. Mais cependant on doit dépasser la situation actuelle, où les petits jeunes qui sont repérés par les agents des majors doivent signer des contrats dans leur sang, vendre leurs âmes, accepter qu’on transforme leur œuvre en un produit marketing, et ce juste pour le bénéfice de quelques managers, patrons et actionaires des grosses maisons de disques. NetAudio réintroduit la dignité dans la musique (le business musical) et réinvente les relations entre l’artiste (ou producteur), le mélomane (ou consommateur) et la musique (ou produit). Je ne m’attends pas à ce qu’un grand pourcentage d’artistes choisissent d’auto-déterminer leurs droits plutôt que de vendre leur âme, mais au moins cette alternative raisonnable devrait exister dans le futur. Mais je suis par ailleurs également assez optimiste sur le fait que nous puissions atteindre nos objectifs de changer l’industrie musicale en terme de gestion des droits – principalement la gestion des droits internet mais aussi la création de systèmes de contrats internationaux.

10) Pour l’instant, le mouvement de la musique libre reste assez méconnu du public international, et est parfois perçu comme une bande d’utopistes isolés. Quel genre d’actions, d’efforts penses-tu que la communauté NetAudio devrait déployer pour gagner plus de visibilité ou de crédibilité ?

Premièrement : garder une approche idéaliste mais travailler sur des modèles et systèmes concrets pour répondre aux besoins de tous les participants impliqués. NetAudio n’est pas uniquement fait pour le bénéfice des artistes, il s’agit d’un système juste et équitable où les accords sont passés par des acteurs de même niveau. Deuxièmement, essayer de ce connecter à plusieurs réseaux, pas juste le netaudio. Le monde est plus grand que ça. NetAudio doit devenir une partie ordinaire du business musical de tous les jours. Troisièmement, le business n’est en rien incompatible avec l’utopie. Un business juste implique des relations professionnelles et des bénéfices équilibrés pour chaque partie. Bien sûr il existe une dimension totalement anti-commerciale dans la musique libre. Mais il ne faut pas oublier l’aspect commercial des licences creative commons. NetAudio est un modèle, une structure, un effort, un cadre, une proposition, une invitation et une philosophie, pas une idéologie. Quatrièmement, essayer d’éviter l’impression que pourrait avoir l’extérieur que le netaudio est fait seulement pour les amateurs et les débutants. NetAudio n’est pas une solution de deuxième choix pour ceux qui ne sont pas assez bons pour Universal. C’est des conneries! NetAudio pourrait être un choix responsable pour conserver quelques chances d’éviter de devenir un pigeon des majors. Je veux dire par là que devenir une superstar comme Madonna, Metallica, etc. est sûrement le rêve de ceux qui signent chez Universal, Sony ou BMG. Mais il y a cent fois plus d’artistes qui ne finissent pas dans les grandes chambres des luxueux hôtels entourés de groupies défoncées. Au lieu de ça ils investissent temps, argent, sueur et larmes pour se voir finalement dépouiller par les léviathans du business, puis envoyés hors-jeu avec rien d’autre que leur espoir brisé. Parce qu’il se sont vendus contre des promesses de gloire et de richesse, sans réaliser que les agents des majors parlaient de la gloire et de la richesse de leur société, et pas de l’artiste. Enfin garder à l’esprit que dans le futur la plupart de l’argent généré par les musiciens viendra de leurs concerts ! Donc dites aux musiciens de garder leur droit de propriété intellectuelle entre leurs propres mains, et de prendre la route ! Si ils ont du succès, il sera toujours temps de se voir proposer de gros contrats !

Interview : Rafael Aragon & Geoffrey Marchand
Traduction : Rafael Aragon

1) Raimund, how did you become NetAudio Festival’s manager? Tell us how did your passion for netlabels began ??

In 2005 I got in contact with two netlabel-heads, Don from Pentagonik and Timor from Pulsar Rec., who were looking for a venue for an event series with strictly netaudio music. I had just discovered the existance of such a thing like netlabels some months before and was quite exited to establish this musical philosophy within the framework of the venue I’m running – the RAW.tempel (raw-tempel.de). We had very good responses on our event series which was called “netlag” (net-lag.de). We presented electronic music – mainly minimal, house and techno – and even were invited to do events in London and Granada. Within our Berlin shows we always had one ore two netaudio artists as guests from different netlabels from all over Europe. We got a lot of feedback from large parts of the international (electronic) netaudio szene – as there has been no such thing like regular netaudio parties anywhere in the world. Also some newspaper and magazines wrote first articles about us. Netlag was selected from the “Berlin Yearbook” (a Best-of-Berlin guide) as one of the most interesting party series in Berlin in 2006/2007.

En 2005 je suis rentré en contact avec deux patrons de netlabel, Don de Pentagonik et Timor de Pulsar Rec., qui cherchaient une salle pour une série d’évenements strictement réservés à la musique des netlabels. A l’époque je venais de découvrir quelques mois plus tôt l’exisence des netlabels, et j’étais assez tenté d’installer cette philosophie musicale dans le cadre de la salle que je dirige (le RAW Tempel – raw-tempel.de). On a eu de très bons retours sur notre série de concerts, qu’on a appellé “netlag” (net-lag.de). On a eu l’occasion de présenter de la musique electronique (principalement minimale, house et techno) et on a même été invités à organiser des soirées sur Londres ou Grenade. Pour la programmation de nos soirées berlinoises, on a toujours eu recours à un ou deux artistes invités de netlabels de l’Europe entière. On a eu beaucoup de retours, principalement de la scène électronique “netaudio” internationale, sur le manque de soirée netaudio, où que ce soit dans le monde. A ce moment là les premiers articles sur les soirées Netlag sont parus, avec entre autres une sélection au “Berlin Yearbook” (sorte de guide du meilleur de Berlin), qui nous plaçait dans les meilleures séries d’evenements musicaux sur Berlin en 2006/2007.

In 2006 the netlag crew – together with some artists and friends – traveled to London for the Netaudio Festival. I love festivals! There has been a small netaudio festival-like thing in 2005 in Switzerland already. During the last night of the London festival I realized I would love to do such a thing in Berlin – and in my venue of cause. I spoke about this idea with the London festival organizers – as well as with the netlag-friends from Berlin. All agreed, that this would be a nice idea. Next I thought, I should establish the Berlin Netaudio Festival in a European context – means: to set the festivals in Switzerland, Britain and Germany in a common framework. So my idea was to include the organizers of the prior festivals with the help of an “advisory board” into the festival in Berlin – so we could benefit from their experience – but also let the amount of involved people increase – and identify as a group of international netaudio organizers. When we did the festival in 2007 in Berlin we got strong support from the Londoners who had become friends in the meanwhile. And with the experience of this continuity those guys got enough energy from the whole thing to announce that they would go for a second festival in London. So we agreed, that we would support their work in 2008 as they supported us in 2007 – and that we in Berlin would go for another festival in 2009. And really – this all happened!

En 2006, avec l’équipe Netlag et quelques artistes et amis, nous nous sommes rendus à Londres pour le NetAudio Festival. J’adore les festivals! Il y avait déjà eu une sorte de mini-netaudio festival en 2005 en Suisse. Lors de la dernière soirée du festival de Londres, j’ai réalisé que j’adorerais organiser un tel évenement à Berlin – et dans ma salle bien-sûr! J’ai parlé de cette idée au organisateurs du festival, ainsi qu’à mes amis berlinois de Netlag. Tous s’accordèrent pour dire que c’était une bonne idée. Puis j’ai pensé que je devrais établir le NetAudio festival de Berlin dans un contexte européen. C’est à dire d’organiser les festivals en Suisse, Grande-Bretagne et Allemagne dans un même dispositif. Donc mon idée était d’inclure les organisateurs des festivals précédents dans un rôle conseillers pour ce festival à Berlin, pour bénéficier de leur expérience – mais aussi d’augmenter ainsi le nombre de personnes impliquées, créant ainsi un groupe international et identifié d’organisateurs netaudio. Quand on a fait le festival à Berlin en 2007, on a eu un coup de main important des londoniens, qui sont par ailleurs devenus nos amis ! Et avec l’énergie et les promesses dégagés par ce deuxième évenement, nos amis ont annoncé qu’ils rempilaient pour un second festival à Londres. On s’est donc mis d’accord sur le fait qu’on les aiderait pour l’édition 2008, tout comme ils nous avaient aidé pour le festival de 2007 ; mais surtout que l’évenement reviendrait à Berlin pour un nouveau festival en 2009… Et la vérité c’est que tout cela s’est réalisé !

2) What is the main goal of this festival ? Can you tell us about the whole common story with London ?

Well, I said some things about the common story with the Berlin-London connection already. More than what I’ve mentioned already we have been meeting for several other occasions. We went to Fusion Festival in northern germany together – and also to Freerotation Festival – which is a very decent event in Wales with a strong netaudio aspect (half the program is netaudio and is organized by common friends who also run the netlabel Mindtours). In 2009 we both set up a netaudio night at Club Transmediale, one of the most important electronioc music and arts festivals worldwide. Last year – after the festival – we’ve been meeting in a larger common group to see if we could concentrate effords and bundle activities for more common projects in the future. Moreover there is a joined musical project called TRIoon, where artists from London, Berlin and Barcelona do audio-visual performances. And finally there has been two friends from London, Sarah and Jon, directly involved into the 2009 festival organization.

Et bien j’en ai déjà dit beaucoup à props de la connection Berlin-Londres. En marge de ce que j’ai déjà mentionné, nous nous sommes rencontrés à de nombreuses occasions. Nous sommes allés au Fusion Festival ensemble, dans le nord de l’Allemagne, mais aussi au Freerotation Festival, qui est un évenement très respectable au Pays de Galle, avec un fort interêt pour le mouvement netaudio (la moitié de la programmation consiste en artistes netaudio, et est organisée par des amis communs – qui dirigent également le netlabel Mindtours). En 2009 on a organisé ensemble une nuit netaudio au Clud Transmediale, un des plus gros festivals de culture électronique et numérique dans le monde. L’année dernière, après le festival, nous avons rencontré un large groupe de personnes, pour voir si nous pouvions concentrer nos efforts et regrouper nos actions pour des projets communs dans le futur. Il y a eu ensuite la création d’un projet musical collectif commun, appelé TRIoon, où des artistes de Londres, Berlin et Barcelone réalisent des performances audiovisuelles. Et finalement, deux amis londoniens, Sarah et Jon, se sont directement investis dans l’organisation du festival de 2009.

What is the main goal of our festival? Maybe there are more than one equally adjusted goals. There is the general idea to support netlabel artists and labels with their very own festival. Than there is the strong idea to promote the philosophy of creative commons. Than we do the festival to generate, develop and enlarge our network amongst artists and other creative activists, labels and digital distributors, on- and offline media representatives etc. Next I like to support Berlin as one of the big knots within this network. And last but not least: I simply love festivals and love to organize events! So there is also the goal to do the things I like to do! Life’s too short for too much bad jobs…

Quel est le but principal de notre festival ? Peut-être qu’en réalité il y a plus d’un but dans cette entreprise. Il y a l’idée générale de soutenir les artistes et labels de la sphere netaudio en leur créant un festival dédié. Et puis il y a la volonté de promouvoir la philosophie des licences creative commons. Enfin le festival doit pouvoir générer, dévelloper et élargir notre réseau parmi les artistes, créateurs, activistes, labels, distributeurs numériques, presse web et classique, etc. Il y aussi mon envie de faire de Berlin un des points d’ancrages de ce réseau. Et puis tout simplement j’adore les festivals et j’aime organiser de tes évenements! Faire les choses qu’on aime est un but en soi ! La vie est trop courte pour cumuler les mauvais boulots…

3) Did you come across difficulties in finding financial and media partners for your event ? At this stage, what’s the difference between netaudio and a more conventional, mainstream festival ?

It’s never easy to find money to finance this kind of things: Netaudio is the opposite of commercialized music. So the frontyard with the sun chairs for potential money givers is quite small. It will take a while – and some very strong effords in the future to establish netaudio as a way to get rich and famous. I would support this opportunity for artists – and also for festival organizers (!) – if it would be in my reach. I do not follow the idea, that publishing music under cc licence means to say goodby to financial success. I would promote the opposite – and work for it. But during these days we are somewhat dependent on external funding – and as long as we cannot offer visible benefits for privat companies as sponsors – we need public money from local government, national fonds or public-private foundations.

Il n’est jamais aisé de trouver de l’argent pour financer ce genre de choses : NetAudio est l’opposé parfait de la musique commerciale. Donc la potentialité d’intéresser les investisseurs est plutôt réduite. Ca prendra du temps et d’énormes efforts dans le futur pour que netaudio devienne un moyen d’être riche et célèbre! Si c’était en mon pouvoir, je ferais tout pour que ça se réalise ! Pour les artistes… mais aussi les organisateurs de festival! Je n’approuve pas du tout l’idée selon laquelle publier de la musique en licence creative commons signifie dire au revoir au succès financier. Je ferais toujours tout pour promouvoir l’idée opposée ! Mais pour l’instant on dépend quelque part des financements extérieurs, et aussi longtemps que nous ne représentons pas des garanties de bénéfices pour les sponsors privés, nous avons besoin de l’argent public du gouvernement local, des fonds nationaux ou de ceux de fondations publiques ou privées.

At this stage Netaudio cannot present so much artists who has made up their carrer successfully from free netaudio releases to international superheroes. The big names are missing – although in some musical fields there are quite impressive stories of success. Projects like SCSI-9 or Kollektiv Turmstrasse for example can definitly make more than their living from their music. When Kollektiv Turmstrasse played in London in 2006 hardly anyone knew their name – except a very small netaudio community. Nowadays they have to limit their appearances in the clubs and on the festival stages to keep up the high interest. I would argue that they could play more than one well-payed gig a day now. But also I’m pretty sure that in France – or outside a specific techno scene – no one has heard of Kollektiv Turmstrasse…

A ce stade Netaudio ne peut pas présenter beaucoup d’artistes qui ont débuté leur carrière par des netalbums gratuits pour devenir des superstars internationales. On manque de grands noms, de “gros poissons”, bien que dans certains domaines musicaux on trouve des success-stories intéressantes. Des projets comme SCSI-9 ou Kollektiv Turmstrasse par exemple peuvent à présent largement vivre de leur musique. Quand le Kollektiv Turmstrasse a joué a Londres en 2006, personne ne les connaissait, à part une petite partie de la communauté netaudio. Maintenant ils doivent limiter leurs apparitions dans les clubs ou les festivals pour préserver un peu de jus. Je pourrais avancer qu’ils pourraient faire plus d’un concert (bien payé) par jour s’ils le voulaient. Mais je suis à peu près sûr que personne en France, et en dehors de la scène techno, n’a entendu parler du Kollektiv Turmstrasse.

In 2007 it was quite difficult to reach media partners outside the net community, because no one had any clue what netaudio, netlabels and creative commons was/is. Before media representatives are willing to dive into the complexity of a philosophical collection of ideas there must be more than arguments. For example the logo of a established cultural fonds, so that even the shortest decision making process is able to produce security: what is supported by the Hauptstadtkulturfond (Capital Culture Fonds) MUST be a worth a media coverage. So we had a very good media response in 2009 – up to the point that big media companies came to us – without any prior activity on our side. But of cause we learned a lot from our first festival and were able to supply media with the full range of all necessary information – and the flexibility to jump over the highest fence – backwards and with closed eyes. Those media guys are the real freaks. Investing time into planning is a waste for they will be changed several times anyhow. Media activism is permanent crisis management – that’s what we learnd. It’s infectious – if your immune system is not used to it…

EN 2007 c’était vraiment difficile d’atteindre des partenaires médiatiques en dehors de la communauté web, parce que personne n’avait idée de ce qu’étaient le netaudio, les netlabels ou les creative commons. Avant que le monde des médias veuille bien se plonger dans la complexité d’une collection d’idée philosophique, on doit présenter plus que des arguments. Par exemple le logo d’un important fond culturel pour “sécuriser” les médias : une initiative soutenue par le Hauptstadtkulturfond (Fond pour la culture) doit bien valoir une couverture médiatique ! Donc nous avons eu une bonne réponse générale de la part des médias en 2009, à tel point que de grosses sociétés de médias sont venus nous voir, sans aucune démarche préalable de notre part! Mais malgré que nous avions beaucoup appris de notre première expérience de festival, et que nous ayons été capables de fournir la gamme complète des informations nécéssaires et la flexibilité qui va avec. Mais ces gars des médias sont de vrais numéros !

4) On an artistic standpoint, 2009 festival was a great success, and we can testify to this ! What about the financial perspective ?

Well, we spend more money than we got. But we still got the strong feeling that we got the most artistic value out of the money. But I would have better downsized it a little more – from the perspective after the festival. For example ending the night programme at 6 instead of 8 o’clock would have been perfect. We could have settled everything extremly comfortable than. But it was far away from being a financial problem. No one lost any money – but we still need one small fundraising party to pay some last bills.

Et bien, on a plus dépensé qu’on a gagné. Mais nous avons le sentiment fort que cet argent a contribué à présenter beaucoup de valeur artistique pour ce festival. Mais avec le recul d’après le festival, on aurait mieux fait de revoir certaines choses à la baisse. Par exemple finir les soirées à 6h du matin au lieu de 8h aurait été parfait. On aurait pu ainsi tout organiser de manière extrèmement confortable. But à vrai dire c’est loin d’être un problème financier. Personne n’a perdu d’argent dans l’histoire, bien qu’on aie encore besoin d’une petite soirée pour lever des fonds pour nos dernières factures !

5) This year the NetAudio fest will take place in London. Will the Berlin team be present ? If yes how will you collaborate to the event ?

The freshest infos which could be served reached me today: that the date for the next festival in London might also be in May 2011! Nothing is certain by now… I know that the Londoners would like to change to an earlier time in the year – and also they might arrange a proper deal with an interesting venue – but this includes – maybe – to go for May 2011. We have to wait until March/ April to know more about it. In any case we will support the Londoners – if we can – for there will also be a major shift in the focus of their festival. Let’s wait and have a cup of tea in the meanwhile…

Les dernières infos que j’ai eu à ce sujet me sont parvenues aujourd’hui même : la date du prochain festival londonien pourrait très bien être en Mai 2011 ! Rien n’est certain pour l’instant… Je sais que les londoniens aimeraient avancer la date plus tôt dans l’année, mais ils essayent de trouver un arrangement avec une salle intéressante – et cela implique peut-être de reporter à Mai 2011. Il faudra attendre mars/avril pour en savoir plus. Dans tous les cas on soutiendra les londoniens, si on peut, car il y aura aussi un changement majeur dans les objectifs de leur festival. Mieux vaut patienter et prendre une tasse de thé en attendant !

6) We can see that collectives slowly start to appear here and there to support the netaudio scene. You guys in Germany, but also in UK, Poland, Spain, Russia, Portugal and now in France (and maybe soon in Morocco). What are your thoughts about these national organisations ? Do you think they will be able to collaborate efficiently in the future ?

It depends on their ability to function individually. The European level is not able to make these structures function – it might only motivate the activists inside these national organisations to continue their work for an ongoing development. But I like to see the functioning national structures to be connected properly with personal interaction, knowledge transfair, co-operative actions and common campaigns. Interesting you did not mention Italy with their network “nettare”. I have the impression that the Italian guys will not succeed when they continue to keep up the nettare network as a virtual platform only. In this moment I would not say that there is something like “Netaudio Italy”. The participants of 2008 nettare festival has all fallen back into individual label activities. It’s absolutly necessary that there is a will to build up a common structure – not only virtual but in any case physically. But as netlabels are releasing music without any regard of national borders, the idea (or approach) – as well as the national structures – of netaudio will benefit from a common European network.

Ca dépend de leur capacité à fonctionner individuellement. Le niveau européen n’est pas capable de faire vraiment fonctionner ces structures. Ca peut seulement motiver les activistes de ces organisations nationales à continuer leur efforts de dévellopement. Mais j’aimerais voir les structures nationales fonctionnelles être connectées correctement, avec des interactions de personnes, du partage de connaissance, des actions coopératives et des campagnes communes. Il est intéressant que vous n’ayez pas mentionné l’Italie avec leur réseau “nettare”. J’ai l’impression que les italiens ne réussiront pas tant qu’ils continueront de considérer leur réseau comme une plateforme virtuelle uniquement. Pour l’instant je ne dirais pas qu’il existe un “NetAudio Italie”. Les participants au festival Nettare en 2008 sont tous retournés à leurs activités pour leur propre label. Il est absolument nécéssaire qu’il existe une volonté de construire une structure commune, pas seulement virtuelle mais aussi physique. Mais comme les netlabels publient de la musique sans aucune notion de frontières nationales, l’idée (ou l’approche) netaudio ainsi que ses structures nationales bénéficieront d’un réseau commun européen.

In order to make these national structures work together in an efficient way you need people who organize the related processes in aspects of common activities, wide possibilities of participation, maximum of transparency, high backflow of motivation and ten buckets full of fun. But again the question comes into the game of how to finance those activities within the given framework. A Framework which has not even developed resilient financial models for the benefit of a critical mass to finance a European meta-structure out of their own resources. I promise to keep on thinking about solutions – also again for personal reasons. I would love to work in these kind of structures on a professional level…

Pour que ces structures nationales travaillent ensemble de manière efficace, on a besoin de gens qui organisent les activités communes, avec une grande disponibilté, un maximum de transparence, un niveau élevé de motivation et un bon paquet de fun. Mais encore une fois on revient vite aux questions de comment financer ces activités à l’interieur de ce cadre, qui n’a pas encore dévellopé de modèle financier durable, et de surcroît pas de quoi financer une meta-structure européene. Je promets de continuer à réfléchir à des situations, et encore une fois également pour des raisons personnelles. J’aimerais tellement travailler à un niveau professionel dans de telle structures !

7) About Portugal, I guess you were happy to know that Lisbon city will give 50 000 euros to Beat Plays Free to set a netaudio event there ?

Yes, congratulation! What a nice development! Funny enough if you see, that Lisbon City Council had the idea to set up the price by an internet voting – a high advantage for NETaudio… I just got in contact to Rute, one of the concepters, today. I know from Fernando Fonseca that he’s involved also. We’re waiting for their call for entries – I’ll think we will try hard to get the chance for participation…

Oui! Félicitations ! Quel beau dévellopement ! Et d’ailleurs il est assez drôle de noter que le Conseil Municipal de Lisbonne a eu l’idée de fixer le montant de l’aide allouée via un vote internet ! Un gros avantage pour le NetAudio ! Je viens de parler avec Rute, une des créatrice de l’évenement, aujourd’hui. Je sais aussi par Fernando Fonseca qu’il sera de la partie. On attends avec impatience l’ouverture des inscriptions ! On va essayer dur pour avoir une chance de participer !

8) Tell us about NetAudio Berlin’s upcoming projects !

One of the things we have applied for is the already mentioned joint netaudio stage at Fusion Festival in Germany in June – together with Netaudio London. A second project is a festival in co-operation with Netaudio France and upcoming Netaudio Morocco (Insh’allah…) in Cassablanca in November – which was also already mentioned above. Than we are going to take part in Berlin Music Week – which will take place from the 6th to the 12th of September. Under the common roof of that claim there will be a massive (!) – I would say the world’s biggest – music presentation in the city. Under it’s roof will be parallel and centrally promoted the Popkomm as the world’s second largest music meeting, the a2n as Germanys outstanding alternative music gathering and the Festival of Clubs! Netaudio Berlin will get involved with panels and musical programm to introduce netaudio to everyone – from big to small – involved into the music business!

Une des choses sur lesquelles nous avons misé dernierièrement, c’est de présenter une scène netaudio au Fusion Festival en juin, conjointement avec le NetAudio Londres. Un deuxième projet est un festival à Casablanca en novembre, en coopération avec le NetAudio France et le futur NetAudio Maroc (Inch’allah…). Nous allons aussi participer à la Berlin Music Week, qui aura lieu du 6 au 12 septembre, et qui sera, selon leurs dires, une énorme présentation musicale dans la ville. On sera aussi présent au Popkomm, les deuxièmes plus grandes rencontres musicales du monde, au salon de la musique alternative allemande et au Festival des Clubs. NetAudio Berlin sera impliqué avec un panel musical pour présenter le mouvement netaudio à tous les acteurs du business musical, petits ou grands.

Moreover Netaudio Berlin is working on an extended Netaudio “Circus” in 2011/2012, a tour with various smaller and bigger events through several European countries. Some of us are furthermore involved into a movement that tries to set up a center for open everything (open source, open music, open medicine, open moon (!) and much more…) – with agencies, associations, individuals, acitivist, organizers, networkers, promoters etc. concentrated in one spot. This is a huge former airport complex, build by the fucking Nazis but with a fucking impressive architecture, at the outer regions of Berlin city center – with an own venue for events and much more… Also, some of us are trying to set up a system for a first framework for commercial use of cc music (I know that some ideologists have some questions – or problems with that…). There is a lot more going on – but as you know, only parts of all the projects might be realized. We’ll see, what we can give birth within the next 10-15 months…

D’autre part, NetAudio Berlin travaille sur un projet de NetAudio “Circus” en 2011/2012, une tournée avec plusieurs évenements de tailles différentes proposés dans plusieurs pays européens. Certains d’entre nous sont impliqués plus globalement dans un mouvement qui tente d’ouvrir un centre de la culture libre (logiciels open source, musique libre, médecine ouverte et beaucoup plus…) qui regrouperait agences, associations, particuliers, activistes, organisateurs, gens de réseau, promoteurs, etc. en un même lieu. Il y a un gigantesque ancien complexe aéronaval, construit par ces putains de nazis mais avec une architecture super impressionante, aux alentours du centre de Berlin. Certains d’entre nous cherchent également à établir un cadre pour un usage commercial de la musique en licence creative commons (je sais que certains idéologistes ont des questions ou des problèmes avec ça). On a encore pas mal d’autres choses en cours, mais comme vous le savez, seulement une partie d’entre elles pourraient se réaliser. On verra bien à quoi on pourra donner vie dans ces prochains 10-15 mois !

9) What are you thoughts about the evolution of both royalties-based music industry and netaudio ? About the future of music industry in general ?

Of cause netaudio won’t wipe away royalties or collecting societies. So I suggest we work on junctions and possible ways to connect the one philosophy to the other. It’s a process which should be done with the awareness of the strenght of the netaudio model. I think – other than the one or other activist within that movement – that it’s the right of an artists to earn money from his art. But no one should think that the world is unfair if he or she is not able to manage this. It will stay like it was before: 95% of the artists might get their instruments together and play in the back room of the local pubs. That’s it. No sponsors, no talent scouts, no European Song Contest, no sold-out stadiums. During the times of Mozart, only a handfull musicians were able to make their living from their music – while all the other victims of the arts played instruments to earn some coins to get a bed or a beer – if they had a lucky day. The rest was for private amusement. It will never be the situation, that a majority of the talented young musicians will get the chance to live from their talent. But we have to overcome the situation, that those youngsters, which were spotted by the scouts of the big companies, have to sign contracts with blood, sell their soul, accept the tuning of the sound in a market-ready product – just for the benefit of some managers, bosses and shareholders of the big record companies. Netaudio is bringing back the dignity into the music (business) and re-shape the relationship between the artists (formerly known as the producer), the music lover (formerly known as the consumer) and the music (formerly known as the product). I do not expect, that more than an overseeable percent of the artists would chose a self-determined situation better than the sell-out of his soul – but at least there should be this reasonable alternative for the future. But also I’m quite optimistic that we might achieve the goals to change the music industry in aspects of rights management – not only but foremost the internet rights management – as well as international procuration and contracting systems.

Bien entendu, le mouvement NetAudio ne balayera pas le régime des royalties ou les société de droits d’auteur. Donc je suggère qu’on travaille sur les possible manières de connecter une philosophie à l’autre. C’est un processus qui devrait être mené en ayant conscience de la valeur et la force du modèle netaudio. Je pense, comme n’importe quel activiste de ce mouvement, qu’il est juste qu’un artiste soit rétribué pour son art. Mais personne ne pensera que le monde est injuste s’il n’arrive pas à en vivre. Ca restera comme avant : 95% des artistes continueront à prendre leurs instruments et jouer ensemble dans les salles arrières des pubs locaux. C’est tout. Pas de sponsors, pas de découvreur de talents, pas d’Eurovision, pas de stade bourrés à craquer. Au temps de Mozart, seulement une poignée de musiciens étaient capables de vivre de leur musique, tandis que les autres artistes jouaient de leur instrument pour gagner quelques pièces pour avoir un lit pour la nuit, et si la journée avait été bonne, une bière. Le reste était pour le plaisir personnel. On ne verra jamais la situation où une majorité de jeunes artistes talentueux auront la chance de vivre de leur musique. Mais cependant on doit dépasser la situation actuelle, où les petits jeunes qui sont repérés par les agents des majors doivent signer des contrats dans leur sang, vendre leurs âmes, accepter qu’on transforme leur oeuvre en un produit marketing, et ce juste pour le bénéfice de quelques managers, patrons et actionaires des grosses maisons de disques. NetAudio réintroduit la dignité dans la musique (le business musical) and réinvente les relations entre l’artiste (ou producteur), le mélomane (ou consommateur) et la musique (ou produit). Je ne m’attends pas à ce qu’un grand pourcentage d’artistes choisissent d’auto-déterminer leurs droits plutôt que de vendre leur âme, mais au moins cette alternative raisonnable devrait exister dans le futur. Mais je suis par ailleurs également assez optimiste sur le fait que nous puissions atteindre nos objectifs de changer l’industrie musicale en terme de gestion des droits – principalement la gestion des droits internets mais aussi la création de systèmes de contrats internationaux.

10) Nowadays, the netaudio/free music movement remains quite unknown to the global music audience, and is sometimes seen like a bunch of isolated utopists. What kind of action, efforts do you think netaudio comunity should do in order to gain more visibility, credibiliy ??

First: Try to keep up the idealistic approach but work on concrete models, systems etc. to serve the needs of all the involved participants. Netaudio is not only for the benefit of the artists – it’s about a fair system – where deals are done with the contractors on the same level. Second: Try to get connected to various networks – not only netaudio. The world is bigger than that. Netaudio must become an ordinary part of the everyday affairs in music business. Third: Business is nothing that works against Utopia. Fair business means professional relations to the balanced benefits of each side. There is something like moneyless busines – but also there is something like the commercial aspects of creative commons. Netaudio is a model, a structure, an efford, a framework, an offer, an invitation and a philosophy – no ideology. Fourth: Try to avoid giving externals the impressions that netaudio is something for amateurs and newbies only. Netaudio is not a second class solution for those who aren’t good enough for Universal. Bullshit! Netaudio might be the responsible decision in order to keep up some chances to live a life far from being the public monkey. I mean – to become a superstar like Madonna, Metallica etc. might be the dream of all those who sign the first contract with Universal, Sony or BMG. But there are a hundert times more of those who does not end up in a luxury loft in London or with a flatrate for chicks on speed. Instead they’ve been investing money, lifetime, sweat and tears – just to be sucked dry from the bigbusinessmonster – and thrown out of the game with nothing left but depth and a broken heart. Because they sold it for some promises of fame and wealth – not realizing that those company managers have been talking about the fame and wealth of the company – not the artist. Fifth: In future, the most money for musicians to earn will be generated with live concerts again. So tell the musicians to keep the intellectual property rights in their very own hands – and do it on the road! (If they are successful, it’s still time for the big deals!)

Premièrement : garder une approche idéaliste mais travailler sur des modèles et systèmes concrets pour répondre aux besoins de tous les participants impliqués. NetAudio n’est pas uniquement fait pour le bénéfice des artistes, il s’agit d’un système juste et équitable où les accords sont passés par des acteurs de même niveau. Deuxièmement, essayer de ce connecter à plusieurs réseaux, pas juste le netaudio. Le monde est plus grand que ça. NetAudio doit devenir une partie ordinaire du business musical de tous les jours. Troisèmement, le business n’est en rien incompatible avec l’utopie. Un business juste implique des relations professionelles et des bénéfices équilibrés pour chaque partie. Bien sûr il existe une dimension totalement anti-commerciale dans la musique libre. Mais il ne faut pas oublier l’aspect commercial des licences creative commons. NetAudio est un modèle, une structure, un effort, un cadre, une proposition, une invitation et une philosophie, pas une idéologie. Quatrièmement, essayer d’éviter l’impression que pourrait avoir l’extérieur que le netaudio est fait seulement pour les amateurs et les débutants. NetAudio n’est pas une solution de deuxième choix pour ceux qui ne sont pas assez bons pour Universal. C’est des conneries! NetAudio pourrait être un choix responsable pour conserver quelques chances d’éviter de devenir un pigeon des majors. Je veux dire par là que devenir une superstar comme Madonna, Metallica, etc. est sûrement le rêve de ceux qui signent chez Universal, Sony ou BMG. Mais il y a cent fois plus d’artistes qui ne finissent pas dans les grandes chambres des luxueux hôtels entourés de groupies défoncées. Au lieu de ça ils investissent temps, argent, sueur et larmes pour se voir finalement dépouiller par les léviathans du business, puis envoyés hors-jeu avec rien d’autre que leur espoir brisé. Parce qu’il se sont vendus contre des promesses de gloire et de richesse, sans réaliser que les agents des majors parlaient de la gloire et de la richesse de leur société, et pas de l’artiste. Enfin garder à l’esprit que dans le futur la plupart de l’argent généré par les musiciens viendra de leurs concerts ! Donc dites aux musiciens de garder leur droit de propriété intellectuelle entre leurs propres mains, et de prendre la route ! Si ils ont du succès, il sera toujours temps de se voir proposer de gros contrats !

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